Alors que Brasília et Buenos Aires négocient des accords commerciaux pluriannuels avec Pékin et New Delhi, une nouvelle cartographie de la puissance se dessine dans la région andine et amazonienne. Non seulement la dépendance relative vis‑à‑vis du marché américain recule, mais des infrastructures de transport, de stockage et de télécommunications sino‑indiennes s’ancreraient désormais dans des corridors stratégiques (routes portuaires, gazoducs, corridors miniers).
Du point de vue stratégique, cette évolution impose une redéfinition des alliances régionales : la récente relance de la CELAC et des consultations plus fréquentes avec le Brésil au sein du G20 alimentent une logique de « monde multipolaire par le Sud ». Pour la région, le risque principal tient à la fragmentation des règles d’investissement et à la militarisation rampante des zones frontalières. L’enjeu consiste à analyser comment Haïti, malgré sa distance géographique, pourrait tirer profit de ces réalignements via des partenariats techniques et éducatifs plutôt que par des accords de sécurité formels.
